Naâma

Voilà sept ans environ que Naâma est emprisonné arbitrairement. Son crime? Défendre les droits de l’homme et militer pour l’autodétermination du Sahara occidental, un territoire qui revendique son indépendance. Un tribunal militaire marocain l’a condamné à 30 ans de prison le 16 février 2013 pour association de malfaiteurs et complicité dans le meurtre de onze soldats marocains, tués lors du démantèlement d’un camp de protestation en novembre 2010.
Naâma avait pourtant été arrêté la veille du démantèlement de ce camp, érigé un mois plus tôt par des Sahraouis (habitants du Sahara occidental) pour dénoncer les discriminations dont ils font l’objet au Maroc. Malgré tout, Naâma a été condamné à une peine très lourde prononcée à l’issue d’un procès inéquitable, marqué notamment par la prise en compte d’aveux signés sous la torture.
À ses côtés, 24 autres militants sahraouis ont été condamnés dans les mêmes circonstances. En août 2016, sous la pression internationale, la Cour de cassation a fini par casser la condamnation des accusés pour manque de preuves, renvoyant l’affaire pour un nouveau jugement. Entamé le 26 décembre 2016, ce nouveau procès a oscillé entre reports et audiences inéquitables menées par des magistrats manifestement partiaux, pour aboutir à une nouvelle condamnation des détenus en juillet 2017.